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Les danseuses, les musiciens et les chanteurs Baladi ont longtemps vécu rue Mohamed Ali au Caire.
Les danseuses qui ont excellé répondent aux noms de Suheir Zaki, Nelly Fouad.
De nos jours, Luci illumine deux nuits par semaine le Parisiana et Fifi Abdou, hélas trop rarement, explose dans les riches nuits du Caire.

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Le Baladi* ou l’âme de l’Egypte


Néophytes ou initiées, vous êtes nombreuses à vous interroger sur le sens du mot "Baladi", prononcé à tort et à travers par beaucoup de professionnels de la danse. 
Je vous emmène dans ces rues étroites du vieux Caire, tout près de Sayeda Zeineb. Ses habitants sont venus il y a 2 ou 3 siècles d’Alexandrie, de Louxor, d’Assouan, d’Assiout… Bien que tout ces gens habitent la capitale depuis plusieurs générations, ils ne manquent pas une occasion d’évoquer leur ville ou village d’origine, leur véritable chez-soi : el Balad.
Pour les gens "sophistiqués" de la ville, Baladi signifie "non- falsifié". Un peu comme ces paysannes qui vendent leur produits dans la rue en criant "el Baladi youkal", signifiant que tout ce qu’elles vendent est Baladi donc comestible.

*Je vous assure qu’il est possible de maîtriser le Baladi sans être natif d’Egypte. J'ai rencontré des danseuses occidentales qui en ont absorbé le ressenti, certaines d'entre elles le dansent avec une merveilleuse sensibilité.


Et la danse dans tout ça ?

Marchons derrière cette femme vêtue d’une large robe "galabeya". Elle marche, fière, respectable et sûre de son pouvoir féminin. Ses fesses battent la cadence "doum doum tac trraka doum doum tac…". Est-ce que cette femme danse ? Oui, probablement, mais dans d’autres circonstances que dans la rue. Elle danse en respectant la tradition, sans trop dévoiler sa féminité pour ne pas embarrasser son époux ou sa famille. Elle danse essentiellement lors des mariages et là, elle rentre tout doucement dans la danse, avec de petits mouvements aussi contenus qu’expressifs, en parfaite entente avec l’accordéon (aujourd’hui hélas remplacé par le synthétiseur). Elle semble se bercer sur une note prolongée telle une tige de bambou* sur les rives du Nil.

Subitement la musique devient tremolo alors notre danseuse vibre. La glace est rompue le rythme augmente peu à peu et les musiciens entament le dialogue "question-réponse" avec le tambour. La mélodie est jouée en mesures 2 et 3 alors que les tambours jouent les mesures 4 et 1. A 4 ou 8 reprises les musiciens jouent à taquiner la danseuse et la pressent à danser au plus près de la musique. Ensuite, ils poursuivent la partie rythmée sur un rythme maqsoum. Le dialogue question- réponse du maqsoum s’appelle me-attaa. Une fois le rythme en place elle danse toujours de façon prudente affichant une fausse modestie et exprimant une sensualité réservée. A cet instant les musiciens repèrent que c’est le moment d’entamer un autre me-attaa, la fête est alors à son comble. La musique peut alors adopter un ton nostalgique , le "mizmar" joué en mesures 2 et 4 et ainsi de suite. Comme les musiciens sont ceux qui ont provoqué ce déchaînement de danse et de musique, c’est à eux de calmer les choses doucement car s'ils arrêtent net le public va être furieux, aussi reprennent-ils l’awwadi taqsim du début puis arrêtent de jouer en douceur et voilà comment une femme baladi danserait en douceur, en rapidité pour terminer en douceur. Si vous me demandez qui aujourd’hui danse le meilleur des Baladis je répondrais Luci. Avant elle, il y a eu Suheir Zaki. Mais le meilleur des "Baladis" c’est certainement celui qu’une femme dansera pour son homme, en privé. 

Si vous demandez à des danseuses égyptiennes de vous expliquer ce qu’est le Baladi vous entendrez sûrement plusieurs versions. La plupart des éléments semblent couler de source pour les danseuses égyptiennes, c’est pour cela qu’elles ne comprennent pas ce besoin d’analyser et d’expliquer cet art comme le font les "étrangères". Dans ce premier article de "au fil du Nil" (rubrique Traditions et actualités) j’ai tenté de vous expliquer quelques petites choses au sujet du Baladi, en espérant que cela vous sera utile.


Le Baladi : sa courte histoire, son présent

Un des éléments importants dans le développement du Baladi et donc de la musique égyptienne, est l'introduction de la musique occidentale en Egypte. Cela a commencé avec la colonisation française (1798 - 1805) et continua avec le règne des Khedives. Le premier fut le Khedive Mohamed Ali (1804 - 1848). Mohamed Ali, tout comme ses successeurs, était sensible au développement des Arts. Le règne d'Isma'Il (1863-1879) vît la construction de l' Opéra du Caire. Les ensembles occidentaux s'y produisirent, les instruments classiques séduisirent et peu à peu s'intégrèrent aux formations musicales égyptiennes. Le violon pour sa part, n'arriva que plus tard dans la musique arabe égyptienne. Les musiciens européens affluèrent nombreux, de même que les professeurs de musique.

De nouvelles formes d'Art comme le Music Hall, devinrent très populaires dès les années 20 au Caire comme à Alexandrie. A partir des années 30, l'industrie du film égyptien était lancée. Jusque là, la musique classique arabe et occidentale, de même que l'Opéra, étaient en majorité réservés à l'élite. Le cinéma égyptien démocratisera la musique, le chant et la danse, car une grande partie de la production cinématographique égyptienne fera appel aux artistes phares du Baladi. 

Même si la musique classique égyptienne a été fortement influencée par la musique classique occidentale, on peut dire que de nos jours, l'Ame du Baladi est restée purement égyptienne.
 

Le développement du Baladi

Le traditionnel "Ashra Baladi" a commencé par une danse "rurale", réalisée par des hommes. Cette musique comportait donc 10 mouvements (Ashra signifie 10). Il s'agissait, pour les danseurs, de mettre en valeur force et virilité, notamment dans le Tahtib (grosse canne).
Pendant la période anglaise (1882 - 1922), la population rurale arriva en masse au Caire, en quête de travail. Les fanfares militaires britanniques importèrent les cuivres et les instruments à vent dans les formations Baladi. La clarinette, la trompette, le saxophone et le concertina, plus tard l'accordéon à touche, l'orgue fusionnèrent avec les instruments traditionnels égyptiens comme le doff (tambour), naï (flûte en roseau) et tabla (tambour sur pied). Cette combinaison d'instruments ouvrît des possibilités gigantesques pour la musique et la danse Baladi. Le Baladi taqasim ou Baladi improvisé fut alors créé pour les danseuses et elles jouèrent un rôle très important dans son développement.

La danseuse danse et le musicien joue dans une forme de dialogue improvisé, avec variation successive des instruments. La danseuse traduit par ses mouvements, l'expression et l'humeur du Taqasim. C'est comme un jeu entre eux ; une complicité très étroite. Les airs traditionnels restent un élément très important dans le Baladi. Dans le Mawal Baladi (Baladi chanté), les paroles des chansons n'ont pas une grande signification. On peut penser au Scatting en Jazz. Le chant est là pour exprimer des émotions. Parfois, la danseuse peut également faire appel aux archétypes tels que la paysanne, ou fallaha, la patronne, ou ma'allma, la femme sage, ou alma, etc. La rythmique peut passe du gai à l'enjoué, du triste au dramatique et même au lyrique. L'énergie, la mesure et les émotions de la musique se reflètent dans le mouvement des hanches, du buste, des bras et des mains. Ils peuvent être tranchants ou "coulants", fiévreux, élastiques, sophistiqués, puissants, lyriques, dynamiques ...
La complexité de la musique demande un haut niveau technique de la part de la danseuse.

Le Baladi : sa courte histoire, son présent

Un des éléments importants dans le développement du Baladi et donc de la musique égyptienne, est l'introduction de la musique occidentale en Egypte. Cela a commencé avec la colonisation française (1798 - 1805) et continua avec le règne des Khedives. Le premier fut le Khedive Mohamed Ali (1804 - 1848). Mohamed Ali, tout comme ses successeurs, était sensible au développement des Arts. Le règne d'Isma'Il (1863-1879) vît la construction de l' Opéra du Caire. Les ensembles occidentaux s'y produisirent, les instruments classiques séduisirent et peu à peu s'intégrèrent aux formations musicales égyptiennes. Le violon pour sa part, n'arriva que plus tard dans la musique arabe égyptienne. Les musiciens européens affluèrent nombreux, de même que les professeurs de musique.

De nouvelles formes d'Art comme le Music Hall, devinrent très populaires dès les années 20 au Caire comme à Alexandrie. A partir des années 30, l'industrie du film égyptien était lancée. Jusque là, la musique classique arabe et occidentale, de même que l'Opéra, étaient en majorité réservés à l'élite. Le cinéma égyptien démocratisera la musique, le chant et la danse, car une grande partie de la production cinématographique égyptienne fera appel aux artistes phares du Baladi. 

Même si la musique classique égyptienne a été fortement influencée par la musique classique occidentale, on peut dire que de nos jours, l'Ame du Baladi est restée purement égyptienne.

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